Le "sous-traitant" est un entrepreneur qui, sous la direction d'un entrepreneur principal, s'engage envers ce dernier à réaliser un travail en sous-oeuvre. Le sous-traitant bénéficie d'un régime lui permettant, sous certaines conditions, de se faire payer directement par le maître de l'ouvrage.
La location de matériel ne constitue pas un contrat de sous-traitance. La 3eme Chambre civile de la Cour de Cassation a jugé le 23 janvier 2002 (BICC n°553 du 1er avril 2001 n°307) qu'était légalement justifiée la décision qui déclarait irrecevable l'action en paiement dirigée contre le maître de l'ouvrage par la société chargée par un locateur d'ouvrage de l'échafaudage d'un bâtiment. Dans cette affaire le juge du fonds avait relevé que les documents contractuels établis par cette société portaient uniquement sur la location de matériel avec main-d'oeuvre pour la pose, la dépose et le transport, mais qu'aucun document n'établissait que cette société ait participé directement à l'acte de construire qui était l' objet du marché principal, notamment par apport de conception, d'industrie ou de matière. Sa participation se bornait à mettre à la disposition du locateur d'ouvrage le matériel adapté dont il avait besoin pour mener à bien sa tâche. Les caractères de la sous-traitance ne se trouvaient pas réunis.
Au plan du droit européen, la Chambre mixte de la Cour de cassation a jugé le 30 novembre 2007 (BICC n°679 du 1er avril 2008, Rapport de Mme Monéger
Conseiller rapporteur et avis de M. Guérin Avocat général) que la loi du 31 décembre 1975 relative à la sous-traitance, en ses dispositions protectrices du sous-traitant, était une loi de police au sens des dispositions combinées de l’article 3 du code civil et des articles 3 et 7 de la Convention de Rome du 19 juin 1980 sur la loi applicable aux obligations contractuelles et que dès lors elle s'appliquait aux contrats portant sur la construction d’un immeuble en France, .
Textes :
L. 75-1334 du 31 déc. 1975.
L. 92-1445 du 31 déc. 1992 (transports maritimes).
Bibliographie :
Auby (J-B) et Périnet-Marquet (H.), Droit de l’urbanisme et de la construction, Domat.
Bayle-Ottenheim (J.), Le Thomas (A.), Sallez (A.), La sous-traitance, Paris, 1973.
Boyault (W.) et Lemaire (S.), observations sous Ch. mixte, 30 novembre 2007, Bull. 2007, Ch. mixte, n° 12, Dalloz, 13 mars 2008, n° 11, p. 753-756. (Action directe contre le maître de l’ouvrage -Domaine d’application - Etendue).
d’Avout (L.), observations sous Ch. mixte, 30 novembre 2007, Bull. 2007, Ch. mixte, n° 12, p. 30, semaine juridique, éd. G, 2 janvier 2008, n° 1, p. 31-34. (Action directe contre le maître de l’ouvrage -Domaine d’application - Etendue).
Djoudi (J A.), Le principe de l'effet relatif des contrats et la sous-traitance de marchés, Thèse Paris II, 1993.
Glavinis (P.), Le contrat international de construction », éd. Joly.
Malinvaud (Ph.) sous le direct. de, Benabent (A.), Blais (H.), Construction : assurance construction, bail à construction, concession de travaux publics, contrat de construction de maison individuelle, crédit-bail immobilier, dommages de travaux publics, droit de superficie, financement, fiscalité de la construction, maîtrise d'ouvrage publique, marchés de travaux, responsabilité des constructeurs, sociétés de construction, sous-traitance, vente d'immeuble à construire, 2000.
Malinvaud (Ph.), Gestaz (Ph.), Jourdain (P.), Tournafond (O.), Droit de la promotion immobilière, Dalloz, 2004.
Roulet V.), Sous-traitance "occulte" : la faute du maître de l'ouvrage, ses conséquences, Gaz. Pal. 2000, n° 309, p. 19.
Valentin, Georges, Les contrats de sous-traitance, Paris, éd. Librairie techniques, 1979.
Texte tiré du "Dictionnaire du droit privé" qui a été reproduit avec l'autorisation de Monsieur Serge Braudo